Samedi 4 février dernier

C’est un vol dédié que nous réalisons aujourd’hui, de Bangui vers Berberati, ville située à l’ouest du pays, presque à sa frontière avec le Cameroun.

Nous transportons des passagers, et un peu de fret. Ces passagers sont les membres d’une ONG, Plan International, dont la mission consiste à prendre en charge et réinsérer des enfants qui ont totalement perdu leurs repères durant les crises : orphelins notamment, mais aussi enfants soldats.

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Rapporté au nombre d’habitants, la Centrafrique est le pays du monde qui a engendré le plus d’enfants soldats. Pour des tas de raison, que ce soit les crises à répétition, la pauvreté et l’enrôlement par les bandes armées, mais aussi bien sûr, les riches ressources naturelles qui aiguisent les appétits et amènent – du fait d’un Etat impuissant – à la violence pour l’accaparement des ressources. Qui n’a pas entendu parler des « diamants de sang ».

C’est à l’UNICEF que revient le rôle d’extraire les enfants de leur condition d’enfants soldats, et c’est à ce moment que Plan International les prend en charge. De même pour les orphelins.

Je comprends, d’une courte discussion avec une responsable, que bien des étapes sont nécessaires et des médiations, négociations également. En effet, les enfants ne peuvent bien souvent revenir dans le village dont ils viennent, y ayant commis des exactions et violences extrêmement graves. Ils risquent la mort pure et simple à leur retour. Il faut donc préparer une arrivée dans une famille d’accueil, puis par la suite dans la famille biologique. Quand on la retrouve : cela demande aussi un gros travail de recherche et de recoupement.

En admettant tous ces aspects de logistique et de médiation traités, encore faut-il que les enfants puissent changer de trajectoire. Retourner à l’école, reprendre ou commencer des études, trouver leur voie professionnelle et s’y engager avec des chances réelles de succès.

Pendant que la délégation réalise sa mission, nous sommes accueillis dans la maison de l’ONG, où nous nous occupons… par exemple en écrivant ces quelques lignes.

Le retour à Bangui est prévu avec un décollage à 14h. Nous voici de retour à l'avion : préparation, et attente des passagers. Des chèvres viennent nous rendre une petite visite !

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A peu près à l’heure, voilà nos passagers de retour. Enfin, presque tous. Il en manque un. Nous rentrerons avec 9 passagers finalement. Le dernier arrive enfin. Peu de bagages, aussi la masse globale est-elle convenable. En plus, ici la piste est longue, non limitative.

Retour calme sur Bangui. Je m’occupe d’expliquer au passager qui est juste derrière moi ce qui se passe : il a une peur bleue de l’avion !

A l’arrivée, tous sont satisfaits de ce vol : un aller-retour Bangui-Berberati, c’est déjà deux jours de voyage… Et pas en pullman… Là, on aura tout fait en moins d’une journée, mission là-bas incluse.