Boda, c’est « the place to be »… Nous transportons cette fois l’Ambassadeur des USA qui doit visiter quelques projets financés notamment par USAid, une ONG US très active.

Comme d’habitude pour ce genre de transport, l’Ambassadeur est accompagné par une personne chargée de sa sécurité. Bien entendu, la plupart du temps, cette personne est armée.

Au matin, question rituelle : « avez-vous une arme ? » Réponse : « oui ». Et donc, si vous voulez bien vous donner la peine de séparer l’arme de ses munitions… N’oubliez pas la balle déjà dans la chambre. C’est cela, oui, merci bien !

Voyage court vers Boda. Accueil chaleureux.

Pendant les rituels d’accueil, nous sécurisons l’avion qui restera pour la journée sous la garde des casques bleus de l’ONU. Puis, nous partons en 4x4 vers la ville où nous rejoignons la délégation à la mairie.

Puis, nous suivons cette délégation au fil de ses visites, avec un « voyage » en 4x4 d’une bonne heure, en direction d’un village dans lequel nous sommes tous accueillis chaleureusement. Le parcours se fait sur la route principale… On comprend pourquoi il faut 6 bonnes heures pour aller de Bangui à Boda par la piste. Et encore, lorsque c’est praticable ! On est loin du confort moelleux de la limousine !!!

Visite du village et des projets, notamment de puits et pompes, d’assainissement d’eau aussi.

Là comme ailleurs, on part de loin, et il est nécessaire d’éduquer toute la population à l’hygiène minimale… qui ne peut se concevoir qu’avec un minimum d’eau potable.

Puis, retour sur Boda (même parcours « bumpy ») et visite d’un camp de déplacés (= « réfugiés » dans leur propre pays)

Là, nous sommes accueillis par un groupe de villageois, dont des enfants qui dansent au son d’un tam-tam improvisé : d’anciens bidons d’huile. C’est joyeux, et les enfants sont rieurs.

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Je m’approche et me mets à danser avec eux. Eclat de joie général, et nous voilà partis pour quelques déhanchements endiablés. On se remercie et la visite se poursuit.

Il est difficile d’imaginer un tel dénuement. Les gens n’ont… rien… Simplement, rien.

IMG_1818Comme presque 2 milliards d’habitants de cette planète, la question du matin n’est pas  : que vais-je faire à manger ce midi ? », comme se la posent certaines personnes chez nous (avec un vrai stress !).

La question est : « vais-je manger ce midi ? ». Oui, 2 milliards... C'est incroyable, n'est-ce-pas !

Alors, toutes les préventions sur ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire, etc… s’effacent pour laisser la place à l’aide au plus démunis. Leur amener de quoi manger et boire, se laver, se vêtir, un endroit où se poser, un minimum de soins...

Beaucoup d’intérêt de la part de l’Ambassadeur, qui parle un français très châtié.

Par la suite, il est temps pour nous de retourner à l’avion, le préparer pour le vol à venir.

Voilà déjà la délégation qui revient. Tout est prêt, nous embarquons.

Retour calme vers Bangui, atterrissage, débarquement des passagers. On salue l’Ambassadeur, qui plusieurs fois dans la journée aura été appelé « Monsieur l’Ambassadeur de France » et en est un peu chagrin.

Je lui dis que c’est une sorte d’hommage à sa maîtrise de la langue française ! Il accepte ce petit trait d’humour et nous nous quittons.

J’ai encore beaucoup appris à Boda : « Soukoula ngo maboko nzoni = SENI » *

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(*) Lave-toi convenablement les mains, c’est sain.