Ce mercredi, nous étions supposés être de repos. Aucun vol n’était prévu.

Il faut dire que nous avons crevé les plafonds en termes d’heures de vol réalisées. Nos noms apparaissaient en rouge sur le tableau récapitulatif des temps de vol cumulés sur les 4 semaines. Le maximum étant 100, nous étions à plus de 97.

Et puis, dans la soirée, un appel téléphonique.

Disposez-vous d’une civière, et pouvez-vous transporter un blessé couché, ainsi qu’un autre assis ? Réponse, oui bien sûr.

Accident automobile en brousse. Evidemment, pas d’hôpital là-bas.

Alors, c’est reparti ! Dès la fin de soirée, nous préparons la civière, que l’on mettra dans l’avion demain matin.

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Départ de bonne heure, avec la civière sur le toit de la voiture. Abderamane le chauffeur, comme d’habitude, a tout préparé à l’avance. Nous enlevons des sièges, installons la civière, la fixons avec les sangles. Nous partons à vide. Direction Kabo, au nord du pays. Pas très loin du Tchad. Là-bas, le paysage est différent : c’est le début de la savane sèche. Les arbres sont plus rares, les points d’eau aussi. Et il y fait chaud, surtout en cette saison sèche.

Demande de mise en route, check-lists, je ferai la seconde étape. Antonio a les commandes. Je demande le roulage. On égrène les items sans précipitation, mais à un rythme soutenu. Autorisation de pénétrer sur la piste, que l’on remonte pour s’aligner. Le contrôle nous donne la clairance de départ (càd le cheminement de départ à suivre, avec les altitudes et les points de report, ceux auxquels on devra rappeler)

J’indique au contrôleur que nous sommes prêts au départ. Autorisation de décoller, mise en puissance. Je fais les annonces des vitesses : « speed alive »…. « 60kt, no alarm, continue »… « rotate »… et nous voilà partis !

Vol sans histoire, arrivée sur Kabo. Reconnaissance de la piste : nous sommes attendus, la piste est libre, pas de vent. Alignement atterrissage, posé, roulage jusqu’au parking.

Les blessés sont là, avec un médecin.

On installe la personne qui doit voyager couchée, puis la seconde personne, et le médecin.

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Fermeture des portes, remise en route. Puisqu’il n’y a pas de vent, nous décollerons en sens contraire de l’atterrissage, gagnant ainsi 2 minutes.

Briefing décollage, alignement, check-lists, puis mise en puissance, décollage. Nous montons un peu plus haut que pour l’aller. Outre que nous aurons ainsi moins chaud, le vent nous sera favorable, et nous irons un peu plus vite.

Pour ne pas perdre l’habitude, je pilote à la main. Le pilote automatique fonctionne très bien, mais finalement on perd un peu en précision de pilotage lorsqu’on l’active tôt pour le retirer tard. Et comme les visibilités ne sont pas fameuses pendant la saison sèche, c’est un bon exercice de pilotage aux instruments.

Il est déjà temps de descendre et préparer l’arrivée sur Bangui.

L’arrivée est rapide. On ne voit pas les installations de loin, en raison de la brume sèche. Nous nous sommes organisés depuis longtemps, en suivant une route d’arrivée aux instruments, qui nous permet de nous positionner dans l’axe d’assez loin. Il suffit de monitorer correctement la descente pour avoir un plan d’arrivée convenable.

La visibilité n’est vraiment pas bonne. Nous verrons la piste une minute avant l’atterrissage, que je fais en douceur. La manette des gaz sur « reverse », freinage souple, et on dégage la piste pour aller prendre position vers l’ambulance qui nous attend.

Et voilà nos blessés pris en charge par les médecins !